ChronoCode, le livre, Chapitre 2

ChronoCode

Bruno, un jeune Geek invétéré, achète un vieil ordi­na­teur portable lors d’une vente aux enchères en ligne. Il va décou­vrir, en com­pag­nie de sa meilleure amie Emma, après une ten­ta­tive de répa­ra­tion qui tourne mal, que l’appareil recèle un bug qui les propulse dans une époque différente. 

***

Chapitre 2

À la recherche du Vendeur

 

La sit­u­a­tion était au point mort, elle sem­blait sans issue.

 

  • Okay, réfléchissons un peu, on va essay­er de trou­ver une solu­tion, dis-je sans vrai­ment être con­va­in­cue, devant un Bruno totale­ment son­né. On ne va pas s’avouer vain­cu, il ne va pas s’en tir­er comme ça.

 

  • Tu en as de belle, toi ! Je n’ai plus aucune trace de mon achat, ni sur le site ni sur mon compte ban­caire. Et pour ce qui est du col­is, on peut dif­fi­cile­ment faire plus anonyme : aucune info dessus, aucune éti­quette. Ce vendeur est un fantôme !

 

Il fit une pause de quelques sec­on­des et pour­suiv­it de plus belle :

 

  • Alors, oui, je n’ai finale­ment peut-être pas payé cet ordi­na­teur, mais je veux com­pren­dre. Il y a un truc qui cloche dans cette his­toire, c’est sûr !

 

L’après-midi se ter­mi­nait mal. Nous restions sur notre décep­tion, il nous était impos­si­ble de pass­er à autre chose, vrai­ment pas. Je partageais la frus­tra­tion et le ques­tion­nement de mon ami, je voulais moi aus­si com­pren­dre ou au moins avoir un début d’explication, cette sit­u­a­tion était ubuesque.

 

On dit tou­jours que la solu­tion la plus sim­ple est la meilleure. Eh bien, juste­ment, je venais d’en trou­ver une évi­dente, et c’est non sans une cer­taine mal­ice que j’exposai en fix­ant droit dans les yeux mon alter ego :

 

  • Mais dis donc, mon cher, on n’a peut-être plus ces infos, mais on a encore le mail de con­fir­ma­tion de l’enchère rem­portée si je ne m’abuse, non ? Il doit bien y avoir le pro­fil du vendeur ?

 

La réac­tion de l’intéressé fut sans équiv­oque : il se leva bru­tale­ment de sa chaise pour courir sur son ordi­na­teur, tout en lançant un :

 

  • T’as oublié d’être bête, toi, tu sais ? Je n’aurai sûre­ment pas son adresse postale, mais je devrais avoir au moins son nom ou son pseu­do ! C’est un excel­lent début de piste ça !

 

Bruno avait repris des couleurs. Il par­tait en chas­se, cela ne fai­sait aucun doute.

 

Il par­cou­rut métic­uleuse­ment sa boîte mail (il rece­vait énor­mé­ment de cour­ri­ers quo­ti­di­en­nement) et retrou­va au bout de quelques très longues min­utes le pré­cieux mes­sage où était indiqué TimeRift comme pseudo.

 

Il réflé­chit alors à voix haute comme à son habitude :

 

  • Bon, Time c’est facile, mais Rift, je bloque, dit-il en me regar­dant, per­plexe. Qu’est-ce que cela peut vouloir dire, il est bizarre ce pseu­do, tu trou­ves pas ?

 

Je dois avouer qu’en temps nor­mal, la fille pince-sans-rire que j’étais se serait fendue d’un ‘’Ak okay, le type il fait de l’informatique toute la journée, mais il ne maîtrise pas l’anglais, je me marre ‘’.

 

Mais ce n’était vrai­ment pas le moment. Je fai­sais fasse à une cocotte-minute sur le point d’exploser ; je ne pris aucun risque et don­nai instan­ta­né­ment ma tra­duc­tion sans essay­er de trop me vanter :

 

  • Cela veut dire Faille, Brèche ou Fis­sure, c’est comme tu veux.

 

  • Ah ! Super, on avance ! Il doit aimer les films fan­tas­tiques, les voy­ages dans le temps, genre brèche tem­porelle, faille du con­tin­u­um espace-temps. Bon, main­tenant que l’on a un pseu­do, je vais pou­voir lancer des recherch­es appro­fondies sur le Net. Je vais te trou­ver, mon­sieur l’inconnu !

 

Il s’exécuta tout de suite, pressé de glan­er les pré­cieuses infos. Il ne tenait plus en place, on sen­tait l’excitation mon­ter de minute en minute. Il avait retrou­vé le sourire, car, comme il le répé­tait sou­vent, Inter­net sait tout de nous. Si on ne trou­ve pas c’est que l’on ne tape pas les bons mots clés ou que l’on ne s’y prend pas de la bonne manière.

 

J’avais prévu de par­tir d’ici 21h, comme à mon habi­tude, mais on approchait déjà des 22h, le temps s’écoulait si vite. Et, une fois n’est pas cou­tume, il était hors de ques­tion que je parte : j’étais comme ces fans accros à leurs séries qui atten­dent le prochain épisode avec hâte. Je décidai de rester un peu et de m’allonger sur le lit… quand je m’assoupis.

 

  • Je tiens quelque chose !! hurla Bruno.

 

Ma sieste impro­visée avait tout de même duré deux bonnes heures. Je me redres­sai encore dans le brouil­lard et écoutait religieuse­ment l’inspecteur m’expliquer ce que ses recherch­es pointues sur le sus­pect avaient donné.

 

  • Tu sais quoi ? Il est fort ce type, respect. Au début je ne trou­vais aucune trace de lui, aucune page Face­book, LinkedIn ou autres, j’ai par­cou­ru tous les réseaux, un vrai fantôme !

 

Il fit une pause en me regar­dant fix­e­ment avec ce grand sourire vic­to­rieux que je con­nais­sais si bien.

 

Ses yeux mar­ron si expres­sifs sem­blaient dire : ‘’oui, je sais j’ai déjà dit ça tout à l’heure, mais écoute la suite’’.

 

Il reprit son mono­logue pas­sion­né, en artic­u­lant lente­ment chaque mot comme pour don­ner plus de poids à son récit :

 

  • Sauf que je n’ai pas lâché l’affaire. J’ai posé des ques­tions un peu partout, d’abord par mail à tous mes con­tacts, puis sur les réseaux soci­aux et j’ai ter­miné dans les forums infor­ma­tiques dans lesquels je traîne sou­vent. Alors oui, au début : nada. Per­son­ne ne con­nais­sait ce Mais c’est tou­jours pareil, il y a tou­jours un ami, d’un ami, d’un ami qui te dira des trucs, et je sais main­tenant où je peux le trou­ver ! Con­clut-il vic­to­rieux, tel un Jules César ayant rem­porté une bataille décisive.

 

L’orateur main­te­nait le sus­pense, il avait choisi d’arrêter là son dis­cours. Mais l’auditrice fatiguée que j’étais exigea sans con­di­tion, agacée :

 

  • Bon tu accouch­es ? Où est-ce qu’on peut le trouver ?

 

Bruno fit sem­blant de ne pas voir que son pub­lic était pen­du à ses lèvres et asséna :

 

  • Cryp­toNet­Forge !!

 

J’avais besoin à ce moment de l’aventure d’un décodeur. Et c’est sans ménage­ment pour l’intéressé que j’exigeai :

 

  • Cryp­toNet­Forge, c’est quoi ?! S’il te plaît, explique-moi, je suis fatiguée, j’aimerais ren­tr­er. Je com­prends rien à ce que tu dis.

 

Le garçon intu­itif et sen­si­ble qu’il était com­prit que le jeu avait assez duré, il expliqua :

 

  • Bon, Cryp­toNet­Forge c’est un Forum infor­ma­tique un peu spé­cial. Alors, pour tout te dire, je ne le con­nais­sais pas, mais alors pas du tout. Je n’en avais jamais enten­du par­ler. C’est un espace bien caché que tu ne trou­veras pas facile­ment, totale­ment absent des moteurs de recherche. D’ailleurs l’adresse pour s’y ren­dre est spé­ciale : CyberNook.io. Il n’y a que des poin­tures là-bas, c’est pas des petits codeurs en herbe, c’est des bal­ais­es. Et avant que tu pos­es la ques­tion : non ce n’est pas un repaire de pirates. Sim­ple­ment des gens pas­sion­nés qui maîtrisent leur sujet. Et franche­ment, là je blague pas, moi à côté, je suis un enfant qui ne maîtrise que le Mini­tel, si tu vois ce que je veux dire. En tous les cas, pour dire les choses sim­ple­ment, notre TimeRift se rend sou­vent là-bas.

 

J’avais tout com­pris, il savait être péd­a­gogue quand il le voulait. On allait pou­voir avancer. Je résumai donc la situation :

 

  • Bon, on con­naît, le Pseu­do du type, le Forum où il se rend et on sait même com­ment s’y ren­dre. Du coup c’est sim­ple : il ne nous reste plus qu’à nous y inscrire, puis deman­der des comptes à notre vendeur fan­tôme. J’aimerais bien voir sa tête quand il ver­ra qu’on l’a retrou­vé, il sera sur le cul, et peut-être même impres­sion­né, qui sait ?

 

Je n’avais pas fait atten­tion sur le moment, mais lorsqu’il avait atteint la fin de son expli­ca­tion, Bruno avait changé d’expression. Je lui demandai alors, étonnée :

 

  • Bon, j’ai raté un épisode ? Qu’est-ce qui te bloque ? Inscris-toi qu’on en finisse et qu’on passe à autre chose.

 

La réponse n’allait pas me plaire.

 

  • Ben, le prob­lème est que l’on ne peut pas s’y inscrire.

 

Ah bon, ils refusent les nou­veaux mem­bres ? répondis-je impa­tiente de com­pren­dre de quoi il retournait.

 

  • Tu dois être recom­mandé par un mem­bre déjà inscrit, un par­rain. Sinon, accès refusé. Donc, eh ben, on est dans la mouise.

 

C’est tou­jours la même chose, quand on pense avoir atteint son objec­tif, il y a tou­jours une marche sup­plé­men­taire à gravir !

***

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Christophe. Admin­is­tra­teur.

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